Que faire devant les dangers actuels

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    PARIS

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    Date d'inscription : 18/03/2010

    PARIS

    Message par ADMIN. le Sam 18 Fév - 18:30

    Paris Canaille de Léo Ferré


    Paris Canaille est une chanson écrite par Léo Ferré en 1962 et chantée par Juliette Gréco.



    PARIS CANAILLE

    Paris marlou
    Aux yeux de fille
    Ton air filou
    Tes vieilles guenilles
    Et tes gueulantes
    Accordéon
    Ça fait pas de rentes
    Mais c'est si bon...

    Tes gigolos
    Te déshabillent
    Sous le métro
    De la Bastille
    Pour se saouler
    À tes jupons
    Ça fait gueuler
    Mais c'est si bon...

    Brins de lilas,
    Fleur de Pantin,
    Ça fait des tas
    De petits tapins
    Qui font merveille
    En toute saison
    Ça fait de l'oseille
    Et c'est si bon...

    Dédé la Croix,
    Bébert d'Anvers
    Ça fait des mois
    Qu'y sont au vert
    Alors ces dames
    Se font une raison
    A se font bigames
    Et c'est si bon...

    Paris bandit
    Aux mains qui glissent
    T'as pas d'amis
    Dans la police
    Dans ton corsage
    De néon
    Tu n'es pas sage
    Mais c'est si bon...

    Hold-up savants
    Pour la chronique
    Tractions avant
    Pour la tactique
    Un petit coup sec
    Dans le diapason
    Range tes kopecks
    Sinon t'es bon...

    À la la une
    À la la deux
    File-moi trois tunes
    Je te verrai mieux
    La toute dernière
    Des éditions
    T'es en galère
    Mais c'est si bon...

    À la la der
    À la la rien
    T'es un gangster
    À la mie de pain
    Faut être adroit
    Pour faire carton
    La prochaine fois
    Tu seras peut-être bon...

    Paris j'ai bu
    À la voix grise
    Le long des rues
    Tu vocalises
    Y a pas d'espoir
    Dans tes haillons
    Seulement le trottoir
    Mais c'est si bon...

    Tes vagabonds
    Te font des scènes
    Mais sous tes ponts
    Coule la Seine
    Pour la romance
    À illusion
    Y a de l'affluence
    Mais c'est si bon...

    Mômes égarées
    Dans les faubourgs
    Prairie pavée
    Où pousse l'amour
    Ça pousse encore
    À la maison
    On a eu tort
    Mais c'est si bon...

    Regards perdus
    Dans le ruisseau
    Où va la rue
    Comme un bateau
    Ça tangue un peu
    Dans l'entrepont
    C'est laborieux
    Mais c'est si bon...

    Paris flonflon
    T'as l'âme en fête
    Et des millions
    Pour tes poètes
    Quelques centimes
    À ma chanson
    Ça fait la rime
    Et c'est si bon...

    Paris je prends
    Au coeur de pierre
    Un compte courant
    Des belles manières
    Un coup de chapeau
    À l'occasion
    Il faut ce qui faut
    Mais c'est si bon...

    Des sociétés
    Très anonymes
    Un député
    Que l'on estime
    Un petit mannequin
    En confection
    C'est pas le baise-main
    Mais c'est si bon...

    Passe la monnaie
    Voilà du clinquant
    Un coup de rabais
    And gentleman
    Un carnet de chèque
    Sans provision
    Faut faire avec
    Mais c'est si bon...

    Un petit Faubourg-
    Saint-Honoré
    Trois petits fours
    Et je m'en vais
    Surprise-partie
    Surprise-restons
    On est surpris
    Mais c'est si bon...
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    ADMIN.
    Admin

    Date d'inscription : 18/03/2010

    Re: PARIS

    Message par ADMIN. le Sam 18 Fév - 18:34

    La Seine de Flavien Monod et Guy Lafarge





    La Seine

    La Seine est aventureuse
    De Châtillon à Méry,
    Et son humeur voyageuse
    Flâne à travers le pays...
    Elle se fait langoureuse
    De Juvisy à Choisy
    Pour aborder, l'âme heureuse,
    L'amoureux qu'elle a choisi!

    Elle roucoule, coule, coule
    Dès qu'elle entre dans Paris!
    Elle s'enroule, roule, roule
    Autour de ses quais fleuris!
    Elle chante, chante, chante, chante,
    Chante le jour et la nuit,
    Car la Seine est une amante
    Et son amant c'est Paris!

    Elle traîne d'île en île,
    Caressant le Vieux Paris,
    Elle ouvre ses bras dociles
    Au sourire du roi Henri...
    Indifférente aux édiles
    De la mairie de Paris,
    Elle court vers les idylles
    Des amants des Tuileries!

    Elle roucoule, coule, coule
    Du Pont-Neuf jusqu'à Passy!
    Elle est soûle, soûle, soûle
    Au souvenir de Bercy!
    Elle chante, chante, chante, chante,
    Chante le jour et la nuit...
    Si sa marche est zigzaguante
    C'est qu'elle est grise à Paris!

    Mais la Seine est paresseuse,
    En passant près de Neuilly,
    Ah! comme elle est malheureuse
    De quitter son bel ami!
    Dans une étreinte amoureuse
    Elle enlace encore Paris,
    Pour lui laisser, généreuse,
    Une boucle... à Saint-Denis!

    Elle roucoule, coule, coule
    Sa complainte dans la nuit...
    Elle roule, roule, roule
    Vers la mer où tout finit...
    Elle chante, chante, chante, chante,
    Chante l'amour de Paris!
    Car la Seine est une amante
    Et Paris dort dans son lit!


    Paroles: Flavien Monod et Guy Lafarge
    Musique: Guy Lafarge
    1948
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    ADMIN.
    Admin

    Date d'inscription : 18/03/2010

    Re: PARIS

    Message par ADMIN. le Sam 18 Fév - 18:47



    La Seine a rencontré Paris de Jacques Prévert


    Qui est la
    Toujours là dans la ville
    Et qui pourtant sans cesse arrive
    Et qui pourtant sans cesse s’en va

    C’est un fleuve
    répond un enfant
    un devineur de devinettes
    Et puis l’œil brillant il ajoute
    Et le fleuve s’appelle la Seine
    Quand la ville s’appelle Paris
    et la Seine c’est comme une personne
    Des fois elle court elle va très vite
    elle presse le pas quand tombe le soir
    Des fois au printemps elle s’arrête
    et vous regarde comme un miroir
    et elle pleure si vous pleurez
    ou sourit pour vous consoler
    et toujours elle éclate de rire
    quand arrive le soleil d’été
    La Seine dit un chat
    c’est une chatte
    elle ronronne en me frôlant

    Ou peut-être que c’est une souris
    qui joue avec moi puis s’enfuit
    La Seine c’est une belle fille de dans le temps
    une jolie fille du French Cancan
    dit un très vieil Old Man River
    un gentleman de la misère
    et dans l’écume du sillage
    d’un lui aussi très vieux chaland
    il retrouve les galantes images
    du bon vieux temps tout froufroutant

    La Seine
    dit un manœuvre
    un homme de peine de rêves de muscles et de sueur
    La Seine c’est une usine
    La Seine c’est le labeur
    En amont en aval toujours la même manivelle
    des fortunes de pinard de charbon et de blé
    qui remontent et descendent le fleuve
    en suivant le cours de la Bourse
    des fortunes de bouteilles et de verre brisé
    des trésors de ferraille rouillée
    de vieux lits-cages abandonnés
    ré-cu-pé-rés
    La Seine
    c’est une usine
    même quand c’est la fraicheur
    c’est toujours le labeur
    c’est une chanson qui coule de source
    Elle a la voix de la jeunesse
    dit une amoureuse en souriant
    une amoureuse du Vert-Galant
    Une amoureuse de l’ile des cygnes
    se dit la même chose en rêvant

    La Seine
    je la connais comme si je l’avais faite
    dit un pilote de remorqueur au bleu de chauffe
    tout bariolé
    tout bariolé de mazout et de soleil et de fumée
    Un jour elle est folle de son corps
    elle appelle ça le mascaret
    le lendemain elle roupille comme un loir
    et c’est tout comme un parquet bien briqué
    Scabreuse dangereuse tumultueuse et rêveuse
    par-dessus le marché
    Voilà comment qu’elle est
    Malice caresse romance tendresse caprice
    vacherie paresse
    Si ça vous intéresse c’est son vrai pedigree

    La Seine
    c’est un fleuve comme un autre
    dit d’une voix désabusée un monsieur correct et
    blasé
    l’un des tout premiers passagers du grand tout
    dernier bateau-mouche touristique et pasteurisé
    un fleuve avec des ponts des docks des quais
    un fleuve avec des remous des égouts et de temps à
    autre un noyé
    quand  ce n’est pas un chien crevé
    avec des pêcheurs à la ligne
    et qui n’attrapent rien jamais
    un fleuve comme un autre et je suis le premier à le
    déplorer

    Et la Seine qui l’entend sourit
    et puis s’éloigne en chantonnant
    Un fleuve comme un autre comme un autre comme
    un autre
    un cours d’eau comme un autre cours d’eau
    d’eau des glaciers et des torrents
    et des lacs souterrains et des neiges fondues
    des nuages disparus
    Un fleuve comme un autre
    comme la Durance ou le Guadalquivir
    ou l’Amazone ou la Moselle
    le Rhin la Tamise ou le Nil
    Un fleuve comme le fleuve Amour
    comme le fleuve Amour
    chante la Seine épanouie
    et la nuit la Voix lactée l’accompagne de sa tendre
    rumeur dorée
    et aussi la voix ferrée de son doux fracas coutumier
    Comme le fleuve Amour
    vous l’entendez la belle
    vous l’entendez roucouler
    dit un grand seigneur des berges
    un estivant du quai de la Râpée
    le fleuve Amour tu parles si je m’en balance
    c’est pas un fleuve la Seine
    c’est l’amour en personne
    c’est ma petite rivière à moi
    mon petit point du jour
    mon petit tour du monde
    les vacances de ma vie
    Et le Louvre avec les Tuileries la Tour Eiffel la Tour
    Pointue et Notre-Dame de l’Obélisque
    la gare de Lyon ou d’Austerlitz
    c’est mes châteaux de la Loire
    la Seine
    c’est ma Riviera
    et moi je suis son vrai touriste

    Et quand elle coule froide et nue en hurlante plainte
    contre inconnu
    faudrait que j’aie mauvaise mémoire
    pour l’appeler détresse misère ou désespoir
    Faut tout de même pas confondre les contes de fées et
    les cauchemars
    Aussi
    quand dessous le Pont-Neuf le vent du dernier jour
    soufflera ma bougie
    quand je me retirerai des affaires de la vie
    quand je serai définitivement à mon aise
    au grand palace des allongés
    à Bagneux au Père-Lachaise
    je sourirai et me dirai

    Il était une fois la Seine
    il était une fois
    il était une fois l’amour
    il était une fois le malheur
    et une autre fois l’oubli

    Il était une fois la Seine
    il était une fois la vie

    Jacques Prévert

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    Re: PARIS

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